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Mags Byblos Art and Byblos Switzerland, published by Dr. Joseph Yammouni, 2008
Revues Byblos Art et Byblos Switzerland, publié par Dr. Joseph Yammouni, 2008

Le Byblos - 11 rue de Malagny CH 1196 Gland lebyblos@bluewin.ch Tel:
+41 22 364 86 57

The din which is making us all deafer and deafer!

Our communications arsenal is vast and yet, humanity doesn’t seem to be able to break away from the dialogue of the deaf. Couples, generations, countries, religions and civilizations all suffer as a consequence.

Everyone wants to communicate but no one seems to want to listen. The need to be listened to is so vital and powerful that it is making us deaf to each other. “Listen to me” has become an absolute requisite and we want to snatch one from the other, a really vicious and infernal circle! How to listen and the need to be listened to in priority is so strong. We have to come out with it before we have made enough space to listen to the others’ worries.

The more we stop up our ears the harder they have to yell and shout. Noise has become a way of life. Consider our supermarkets, our parties, our encounters… Noise has become a kind of a religion. With all these bombs exploding around the world, with ever more din and causing increasing destruction in property and lives, is all this saying nothing more than “In the name of G… can you hear me? Come on! Listen to me.” But, of course, they’re both talking to each other simultaneously and the babble from one cancels out the voice of the other. This is a phenomena well understood in physics by the theory of light.

We have been encouraged to master speech and not silence. Fortunately, moments of grace do exist and we are all capable of really listening to another person, joining what is human in us with what is human in the other. The rare occasions when I have been able to do it first, I managed to talk afterwards without ever being interrupted. A true miracle!

Blessed is the womb that bears he who knows how to listen first.

Tous ces bruits qui nous rendent de plus en plus sourds!

Son arsenal de communication est énorme et pourtant, l’humanité ne réussit pas à sortir de son dialogue de sourds. Couples, générations, pays, religions et civilisations en souffrent.

Chacun veut communiquer, mais personne ne voudrait écouter. Le besoin d’être écouté est tellement vital et fort qu’il nous rend sourd à l’appel d’autrui. L’«écoute-moi» est devenue une exigence absolue qu’on voudrait arracher les uns aux autres. Un vrai cercle vicieux et infernal ! Comment écouter et le besoin d’être écouté en 1er est si fort. Il faut avoir vidé son sac pour faire de la place aux soucis de l’autre.

Plus on bouche ses oreilles, plus autrui crie et hurle fort. Le bruit est devenu un mode de vie. Pensez à nos supermarchés, à nos fêtes, à nos rencontres…Le bruit est devenu même une religion. Toutes ces bombes qui explosent à travers le monde, chaque fois plus bruyantes et causant plus de dégâts en biens et en vies humaines, disent-elles autre chose que : « Mais nom de…est-ce que tu m’entends ? Mais écoutes-moi en fin » ! Sauf que l’un et l’autre parlent simultanément, et le bruit de l’un annule bien le bruit de l’autre. Un phénomène bien connu en physique, par la théorie de la lumière.

Nous avons été encouragés à maîtriser la parole et non au silence. Mais heureusement des moments de grâce existent, et nous sommes tous capables d’être vraiment à l’écoute de l’autre, reliant l’humain en nous à l’humain en lui. Les rares fois que j’ai réussi à le faire en 1er, j’ai réussi par la suite à parler sans être jamais interrompu. Un vrai miracle !
Heureux le sein qui aurait porté celui qui sait écouter le 1er.


Joseph Matar (Lebanese artist)

The Alphabet of Communication; the Alphabet of Values; the Alphabet of Peace

In order to understand a language, it is absolutely necessary to understand its alphabet and then its grammar. That is likewise true for each science. Otherwise, any knowledge remains mutilated in the sense of being stunted, maybe even nonexistent.

However, why is it that, even when sharing the same language and same environment while fully understanding the grammar, communication is still often impossible?

It is probable that the value references are not identical. We use the same symbols, but they have different meanings.
Countless examples can be found at all levels. There is no need to list them. Daily life, both individual and collective, constantly reminds us of this painful fact.

Whatever the nature of the dialogue and the identity of the participants, couples, friends, or enemies, individuals groups, or communities, nations, religions, or civilizations, in order for communication to succeed, there is an overriding need to establish common references: To learn what I call the alphabet of the values of others, through active listening, going beyond our references, knowledge, and own value systems. We offer other people a tabula rasa on which they are invited to write the manner that they want to be understood. We adopt an approach to them with the same attitude towards life that we had as babies.

Once again, just by doing this, we would be able to go beyond our own actual values, reacquire the alphabet of new common values, and be shown the rays of light of personal serenity and genuine, universal, just and enduring peace appearing on the horizon. The expression "dialogue among civilizations" would take on full meaning.

This issue of Byblos is entirely dedicated to art. Artistic expression is probably one of the first letters of this common and universal alphabet that each of us will be called on to develop.

L’alphabet de la communication, des valeurs, et de la paix.

Pour comprendre une langue, il est indispensable d’en apprendre l’alphabet et ensuite la grammaire. Ils en constituent la base. Il y va de même pour chaque science. Autrement, toute connaissance reste mutilée voire naine pour ne pas dire inexistante.

Mais pourquoi alors, si on appartient à la même langue et au même milieu et si on maîtrise la grammaire, la communication reste souvent impossible ?

Probablement, les références aux valeurs ne sont pas les mêmes. Nous utilisons les mêmes signes mais pas le même signifié, et encore moins le même référé ou référant.

Quelque soit la nature du dialogue et quelques soient les interlocuteurs, couples, amis ou ennemis, individus, groupes ou communautés, nations, religions ou civilisations, il est primordial d’établir des références communes. Apprendre ce que j’appelle l’alphabet des valeurs d’autrui, à travers une vraie écoute, au-delà de nos références, nos acquis et notre propre système de valeurs. Nous offrir à l’autre comme une page blanche sur laquelle il est invité à écrire comment il désire être compris. Adopter face à lui la même attitude que nous avions, bébés, face à la vie.



Probablement à cette seule condition, nous pourrons retrouver au-delà de nos propres valeurs, l’alphabet de nouvelles valeurs communes et de ce fait voir pointer à l’horizon la lumière d’une sérénité personnelle et d’une vraie paix universelle, juste et durable. L’expression « dialogue des civilisations » aura dès lors pris tout son sens.

Ce No de Byblos est consacré entièrement à l’art. L’expression artistique serait probablement une des 1ères lettres de cet alphabet commun et universel que chacun est appelé à enrichir.