Between Earth and Heaven

Entre la Terre et le Ciel

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Sur la planète Terre, toutes les routes mènent à l’ombre. Quant à l’éternité, une seule route nous mène vers Dieu.

Depuis plusieurs années, j’ai ressenti le besoin d’aborder, à travers mon travail artistique, le thème du crime et de la comédie guerrière à Gaza. Les guerres mobilisent des moyens considérables, mais elles posent surtout des questions humaines fondamentales : l’équilibre des forces, le respect des civils, la protection des foyers, des hôpitaux et des écoles. Pourtant, dans cette guerre, ces principes semblent avoir été ignorés.

Ce conflit, souvent présenté comme une opposition entre deux peuples, renvoie aussi à une histoire plus ancienne : celle des descendants d’Ismaël et d’Isaac, deux frères liés par une même origine, mais divisés par le destin de Jérusalem, ville sacrée, symbole d’un jugement ultime et d’un idéal spirituel.

Face à cette réalité, j’ai entrepris un long travail de recherche, d’esquisses et de réflexion pendant plus de trois ans. Cela a donné naissance à une première toile dans laquelle j’ai exprimé ma révolte intérieure, ma colère, mais aussi mon humanisme et ma poésie. Cette œuvre représentait une destruction totale, brutale, presque instinctive, car détruire est plus facile que construire, puisqu’il n’y a ni règles, ni lois, ni contraintes.

Cette première toile a finalement quitté mon atelier. Son départ a laissé un vide profond, mais aussi un besoin : celui de poursuivre la réflexion et de créer une nouvelle œuvre, plus aboutie, plus structurée, et peut-être plus porteuse de sens.

C’est ainsi qu’est née cette seconde toile.

Contrairement à la première, centrée sur la destruction, cette nouvelle œuvre cherche à articuler la souffrance humaine avec une dimension spirituelle et universelle. Elle s’organise selon une géométrie secrète qui structure la composition.

Au centre, une foule immense symbolise l’humanité, confrontée à la guerre, à la misère et à la famine. Certains portent des marmites et des assiettes, en quête de nourriture, image directe de la détresse.

À droite, un champ de blé évoque la vie, la subsistance et l’espoir. À gauche, des routes multiples s’étendent, représentant les choix humains, les directions possibles, le destin que chacun trace.

L’ensemble de la composition s’organise autour d’un axe vertical qui relie la terre au ciel :

  • En haut, le paradis, avec le Père céleste entouré de la Vierge, des anges et des saints
  • Plus bas, un cercle lumineux symbolisant l’Hostie, lien entre le divin et l’humain
  • Puis l’Esprit Saint, sous forme de colombe
  • Ensuite le Christ rédempteur
  • Et enfin, au niveau humain, la foule, les souffrances, mais aussi l’espérance

On y retrouve également des références bibliques et spirituelles :
L’échelle de Jacob, symbole du passage entre le monde terrestre et le monde céleste, ou encore des scènes inspirées de la vie du Christ, intégrées dans la composition.

Au cœur de cette foule apparaît une forme sphérique, évoquant la planète Terre elle-même : une humanité rassemblée, mais fragmentée, confrontée à ses propres contradictions.

Cette œuvre est née d’un besoin profond d’expression. Elle a demandé du temps, de la persévérance, et même des périodes d’interruption liées à des contraintes personnelles. Mais elle s’est imposée comme une nécessité intérieure.

Je n’ai pas seulement voulu représenter la guerre, mais aussi rappeler qu’au milieu du chaos subsiste une lumière : celle de l’espoir, de la foi et de la capacité humaine à dépasser la haine.

Je remercie Dieu de m’avoir donné la possibilité de peindre, d’écrire et de transmettre, afin de partager ces réflexions avec un public que j’aime.

Car, au-delà des différences, si les hommes respectaient les principes fondamentaux de justice, de compassion et d’amour, ils pourraient dépasser les conflits et transformer le monde.

Joseph Matar